Comme je l’ai annoncé récemment, mon mandat au Conseil national sera court, mais il doit avoir du sens. Je suis au travail. Et ce travail passe inévitablement par la lutte pour défendre l’agriculture durable et exiger la juste reconnaissance du travail de paysannes et paysans.
Depuis ma prise de fonction au Parlement, j’ai déposé deux motions concernant les enjeux agricoles : 25.4899 et 26.3497. Derrière ces numéros se cache une véritable urgence, car nous constatons que chaque jour l’étau se resserrer autour des familles paysannes.
Pourquoi s’attaquer aux « interprofessions » ?
Nos paysannes et paysans travaillent dur pour produire la nourriture de notre pays, mais beaucoup peinent à boucler les fins de mois. Car, en effet, leurs produits sont souvent achetés en dessous des coûts de production.
L’un des causes de cette sous-enchère vient des « interprofessions ». Ces structures sont censées réunir tous les acteurs d’une filière pour dialoguer et fixer des prix équitables. Dans les faits, la recherche effrénée du profit par les grands acteurs du marché écrase tout le reste, et le rapport de force est totalement biaisé.
Mettre fin aux conflits d’intérêts (Motion 26.3497) : Avec ce premier texte, j’exige l’interdiction des « doubles casquettes » dans ces organisations. Les producteurs doivent avoir de vrais représentants qui défendent exclusivement leurs intérêts, et non simultanément ceux des collecteurs, transformateurs et/ou distributeurs. De plus, je demande une règle de simple bon sens : ces interprofessions doivent fixer des prix indicatifs qui ne puissent jamais tomber en dessous des coûts réels de production.
Mettre de l’ordre dans le marché du lait (Motion 25.4899) : Cette seconde motion vise une pratique bien précise : la catégorisation du prix du lait. Aujourd’hui, le lait est divisé en plusieurs catégories (selon qu’il est destiné au marché suisse, transformé ou exporté). Mais ce système de segmentation joue systématiquement en défaveur des producteurs : on déclasse leur lait vers une catégorie inférieure pour l’acheter moins cher et faire plus de marge. Mon texte exige de réguler plus strictement cette catégorisation. Je refuse que la Confédération continue de donner « force obligatoire » aux décisions de l’Interprofession du lait sans imposer des garde-fous. Chaque litre de lait doit être payé à son vrai prix, en fonction de sa catégorie réelle, et les paysans doivent cesser d’être la variable d’ajustement du marché.
Ce que vous trouvez dans votre assiette (et à quel prix)
À ceux qui pensent que ces motions ne concernent qu’un dossier agricole de plus, je veux dire qu’il n’en est rien. Protéger les producteurs, c’est directement protéger les consommateurs.
Si nous laissons s’effondrer ceux qui nous nourrissent, nous bradons la qualité de nos produits et nous dépendrons massivement des importations. Soutenir nos filières, c’est avoir la garantie de savoir ce que vous trouvez dans vos assiettes. C’est aussi payer le juste prix de l’alimentation, un prix qui rémunère réellement le travail paysan au lieu d’enrichir les intermédiaires.
Soutenir les paysans, c’est soutenir la Suisse
Notre souveraineté alimentaire est un choix de société. Se nourrir ne doit pas être un luxe, c’est un droit fondamental et il faut pourvoir l’exercer à travers l’accès à une alimentation locale et de qualité. Soutenir l’agriculture indigène, c’est soutenir la Suisse que j’aime. C’est préserver nos paysages magnifiques, maintenir notre qualité de vie et assurer l’équilibre indispensable entre nos territoires ruraux et urbains. Alors, au travail !